La semaine dernière avait lieu la rentrée montréalaise de l’étonnant groupe la Patère Rose. Encore sous le charme de leur prestation aux Francofolies 2008, j’ai acheté mon billet un peu à la dernière minute, après avoir entendu les mots magiques : « nouvelles chansons ».
Accompagné par le groupe Grosse Distorsion (dont 2 des membres font partie du groupe Misteur Valaire, avec les gars de la Patère Rose) en première partie et dans quelques pièces, le trio sherbrookois nous a offert l’intégral de son premier album, quelques nouvelles pièces (dont « Aborigènes Bitches », au titre délicieux) et des excellentes reprises, dont Psycho Killer des Talking Heads, qu’ils avaient déjà fait l’an dernier, et Le Tourbillon de la vie, de Jeanne Morreau, en version piano-électro.
Habituellement, je n’emporte pas mon Rebel avec moi dans les spectacles en salle. Mais puisque le groupe m’a donné des bonnes photos dans le passé, j’ai passé par-dessus mes règles et croqué des nouvelles images de Fanny Bloom explosant sur scène.
Même si mes nombreuses visites au Jardin Botanique nuisent à mes différents projets d’explorations montréalaises, il faut avouer que c’est mon bestiaire urbain qui en profite.
Au départ, je ne devais aller voir que le spectacle d’Antoine Gratton, à 23hres. Mais comme Alexandre Désilets faisait une mini-première partie de l’hommage à Nino Ferrer et que la liste des invités était intéressante (Isabelle Blais, Mara Tremblay, Martin Léon, Damien Robitaille, Marie-Pierre Arthur, etc…), j’ai décidé à la dernière minute d’aller y faire un tour et de rester le temps de quelques chansons.
Il faut dire que je ne connaissais pas beaucoup Ferrer, à part quelques tubes (Gaston, y’a l’téléphon qui son / Cornichon / Ho! Hé! Hein! Bon) (c’est un hasard qui je ne connais que celles qui finissent en -on). Mais les artistes sur la scène ont su me faire apprécier le répertoire du chanteur pendant l’heure et demie du spectacle.
Malgré ce que plusieurs personnes ont déploré, les enchaînement rapides des différentes chansons, sans maître de cérémonie qui présente les artistes, m’a beaucoup plu. C’était rapide et dynamique, le seul défaut de cette mise en scène est que j’ai dû attendre la fin du spectacle pour connaître le nom de certains artistes que je découvrais ce soir-là.
Faits à noter : la seule performance de Mara Tremblay avant plusieurs mois, ses spectacles ayant été annulés pour cause de blessure au dos mais surtout l’incroyable look et énergie de Damien Robitaille sur la scène, kitch à souhait mais qui a été un moment marquant de la soirée.
J’avoue très peu connaître la musique d’Antoine Gratton. J’ai vu quelques-uns de ses vidéos, très joyeux, mais la raison principale de ma présence à son spectacle était qu’on m’avait parlé de lui comme une boule incroyable d’énergie sur scène. Et c’était vrai.
Antoine est apparu telle une rock star, sous les applaudissements d’une foule nombreuse, vêtu d’un costume brillant et d’un maquillage étoilé à la Kiss. Sa prestation a d’ailleurs filée à la vitesse d’une étoile fillante, les pièces s’enchaînant à un rythme fou.
Son énergie sur scène n’est pas un mythe, le chanteur reste rarement immobile plus de quelques secondes. Même sans connaître les pièces, sa performance était un divertissement très agréable.
Mes commentaires sur les Francofolies seront livrés au compte-goutte, par manque de temps. Mais puisque je n’écris pas grand chose d’autre ces temps-ci, ça vous fera de la lecture pendant une semaine ou deux encore…
Groupe manitobain avec un peu de sang montréalais, Chic Gamine est né des cendres du groupe vocal Madrigaïa, que je connaissais par pur hasard. C’est aussi un hasard si j’ai croisé les voix des Gamines, cet hiver lors de la performance de Marie-Jo Thério au festival Voix d’Amériques. Debout sur une table, les filles avaient alors interprété Butterfly Woman et leurs voix m’avaient séduite au point où j’avais acheté l’album quelques semaines plus tard.
Comme Madrigaïa, la musique de Chic Gamine repose sur les harmonies vocales, enjolivées de quelques percussions. C’est dans le style des pièces qu’il y a une différence, car Chic Gamine mise surtout sur le root, le gospel, le blues, quelques douces berceuses et même des pièces plus amérindiennes.
Alors qu’elles sont excellentes sur disque, c’est vraiment en spectacle qu’on peut apprécier la force de leur voix. Car entre deux chansons douces, elles savent en pousser quelques-unes d’une puissance étonnante. Les filles semblaient très nerveuses avant le spectacle, et même parfois pendant (il faut dire qu’elles ne sont pas toutes les 4 francophones et que parfois les présentations des chansons étaient un exercice de français exigeant !). Mais malgré tout elles s’en sont très bien tirées et ont su charmé le public, qui les a chaudement applaudit.
Pendant l’été, plusieurs parcs du centre-ville de Montréal offrent des spectacles gratuits pour les travailleurs qui ont la chance de travailler tout près. Ce n’est pas mon cas, mais par un coup de chance, le groupe qui m’intéressait le plus dans ces concerts extérieurs, Sagapool (qui était connu sous le nom de Manouche jusqu’à l’an dernier), jouait en plein dans ma semaine de vacances. J’ai donc délaissé ma peinture le temps d’une pause jazz-manouche sous les nuages.
J’avais déjà vu la violoniste, Zoé Dumais, jouer avec un autre groupe et j’avais été impressionnée par l’énergie qu’elle dégageait sur scène. C’était avant de la revoir faire la même chose, mais avec une grossesse de plusieurs mois.
Quand au reste du groupe, il était impeccable. Des musiciens de talents, qui s’échangent les instruments et jouent parfois à 4 ou 6 mains (d’ailleurs, quatre des six membres du groupe sont passés à la contrebasse durant la courte performance).
Un groupe à revoir absolument en salle, lorsque la tournée reprendra à la fin de l’automne (car plusieurs membres du groupe seront en congé parental d’ici là).
Pour les intéressés, les concerts gratuits se poursuivent jusqu’à la fin août, entre autres au Square Phillips le mercredi et au Square Victoria le jeudi.
Un an auparavant, j’avais vu le groupe sur une terrasse ensoleillée, également dans le cadre du festival de Jazz. L’expérience devait être légèrement semblable cette année, mais à la dernière minute, le spectacle a été déplacé en fin de soirée, sous une petite tente aux places assises. C’est par pur hasard que j’ai appris ce changement, heureusement, et j’avoue que l’endroit était fort approprié. Petit, intime, à l’abri du bruit de la foule et de l’orage électrique qui rageait au dehors, le seul défaut de l’endroit était le mauvais éclairage, peu approprié aux photos.
Pour le groupe, rien à redire. Des interprétations exemplaires de succès swing-manouche des années 40-50, des musiciens incroyables, quelques nouvelles pièces dont une qui pourrait s’appeler « changer une corde de guitare pétée sans que ça ne paraisse dans la chanson » (quand je dis que les musiciens sont incroyable… ce fut une improvisation qui a mérité une ovation debout).
C’est ce qui conclut le Festival de Jazz pour cette année, mais pas les concerts de l’été. Il y a des concerts gratuit au centre-ville, et les Francofolies commencent dans une semaine. Vite, prenons un peu de sommeil en avance !