Matin de canicule. Comme les soirs d’avant, je m’étais couché en laissant la fenêtre de la cuisine ouverte car c’est de là qu’arrive le vent et que mon pauvre chat aime le peu fraîcheur que ça lui apporte et que même s’il tente désespérément de sortir voir le gros matou qui vient le harceler sur le balcon, je n’ai qu’à me lever pour fermer la fenêtre s’il commence à miauler (*soupir*).
Ce matin-là donc, je me réveille surprise de ne pas avoir entendu aucun miaulement dans la nuit, je trouve même ça inquiétant. En arrivant dans la cuisine, je vois Ludo qui boit sagement dans son bol, mon niveau d’inquiétude diminue. J’arrive au fond de la pièce et je comprends pourquoi il a été si « sage » : mon moustiquaire a été arraché, un trou assez gros pour que monsieur le chat puisse sortir. Je me retourne pour le gronder et alors je le vois comme il faut, dans la lumière du matin :
L’allure d’un guerrier qui s’est fait enterré vivant. Tanné de se faire harceler par l’autre paire de couilles de la ruelle, Ludo est sorti lui réglé son compte. Après un bon lavage de fourrure j’ai pu compter des douzaines de traces de griffes et de dents. Heureusement rien de grave, un léger début d’infection dans l’oreille que j’ai pu guérir moi-même avec des nettoyages fréquents de la plaie. Ouf.
Deux semaines plus tard, j’ai réparée ma fenêtre toute-seule ( ), j’essaie du mieux que je peux de tailler les griffes de ma bestiole et il a perdu le droit de rester près d’une fenêtre ouverte sans ma surveillance.
Quant à l’autre mâle, il est vivant, il semble bien aller et ne vient plus sur mon balcon (ni même sur le terrain), c’est donc ma testostérone féline qui a gagné ce combat (bravo, mais ne recommence plus !).
Le chien attaque mon chat.
Mon chat attaque les autres chats.
Les autres chats attaquent mon chat.
Mon chat m’attaque.
En attendant le retour à la maison j’ai une bonne douzaine de futures cicatrices sur les avant-bras et un doigt presque paralysé (de la peau arrachée par les griffes de mon chat-chéri-qui-est-gentil-pourtant et ses dents plantées dans un nerf de ma main). La morale de cette histoire sera de rester loin des batailles de chats, même quand la dite bataille n’est pas encore commencée.
Déjà que Ludo essaie régulièrement de m’arracher une main ou une jambe, voilà que ce site m’apprend qu’il souhaite en fait me décapiter et éparpiller les morceaux aux quatre coins du voisinage. J’ai peur.
Ce matin, pour la première fois depuis qu’on habite ensemble, Ludo a décidé de faire un sprint pour sortir dehors en même temps que moi. Pas qu’il n’a pas le droit d’y aller, au contraire, il venait d’y passer plus d’une heure et je croyais qu’il était en mode sommeil pour la journée.
En même temps, il a choisit le pire moment pour jouer à ce petit jeu : je me débattait pour sortir le bac de recyclage en faisant plein d’autres choses, donc je ne pouvais pas l’attraper rapidement, et je quittais pour la journée. J’ai bien tenté de le rattraper, j’ai même rampé sous des balcons et entré dans des cours privées, mais môsieur avait décidé qu’il se sauvait de moi et c’est le coeur gros que je l’ai laissé dehors pour la journée.
J’ai passé la journée à surveiller l’heure, j’ai presque couru en sortant du métro, convaincue qu’il serait en petite boule sur mon balcon, heureux de retrouver la chaleur et son bol de croquettes. Mais en arrivant : rien. Je me fais à souper, je le surveille, rien. Je vais lire mes courriels et mes fils rss en gardant un oeil sur la fenêtre. Toujours rien. Les larmes commencent à me monter aux yeux alors que mon imagination folle s’imagine des scénarios horribles et que ma raison tente de la calmer en lui rappelant qu’il a survécu 2 mois et demi dehors, ce n’est pas 10 heures qui vont l’impressionner. Mon coeur s’en mêle en répliquant qu’il a toujours faim lorsque j’arrive à la maison, pourquoi il n’est pas en train de miauler à pleins poumons pour entrer, hein, hein ???
C’est finalement lorsque je m’étais décidé à parcourir le voisinage jusqu’à ce que je le retrouve mort ou vif qu’il est apparu. Assis sur le coin de la clôture, à regarder d’un air méfiant par la fenêtre, lorsque j’ai ouvert la porte il a couru pour entrer comme d’habitude. Pas trop affamé (ma panique m’a fait oublié que c’est le soir des poubelles, il aurait survécu sans mourir de faim ), pas de nouvelles traces de combat félin, il empeste l’autoroute, sans doute à cause d’une journée passée à dormir sous une galerie mais je sens que cette nuit il dormira dur (il a déjà commencé), sans faire chier le peuple à 5hres du matin comme il le fait souvent dernièrement.
Finalement c’est une bonne chose de le laisser sécher dehors, si ce n’était pas de l’inquiétude qui va avec.